Contrairement à ce que le titre de cet article pourrait laisser penser, il ne s’agit pas de produire sur place les fameux hélicoptères d’Airbus Helicopter, mais en fait des armes légères de la firme des Emirats Arabes Unis Caracal International LLC, fondée en 2007. Il y a quelques jours en effet, l’entreprise brésilienne Delfire Indústria e Comércio de Extintores Ltda, basée à dans l’état du Goiás (centre-ouest du pays), a annoncé la signature d’un mémorandum d’entente avec son partenaire des Emirats. Celui-ci prévoit l’installation sous peu d’une usine de production à Anápolis. A priori, seuls des armes légères seraient produites dans un premier temps, en particulier les fameux pistolets Caracal C-compact et Caracal F- standard. Mais rien n’exclut qu’à l’avenir l’entente ne s’étende à d’autres produits, notamment des véhicules blindés légers, des drones ou encore des munitions. C’est d’abord le marché des forces de sécurité brésiliennes qui est visé, mais aussi celui de la région et au-delà.

Premier producteur d’armement en Amérique latine, le Brésil est en effet considéré comme le quatrième exportateur d’armes légères dans le monde, en particulier à destination des Etats-Unis. Dans ce domaine, la concurrence régionale, représentée par exemple par le Chili, l’Argentine ou l’Equateur (sous licence) reste loin derrière, même si ces dernières années des Etats comme le Pérou ou la Colombie ont manifesté leur ambition d’affirmer leur présence sur ce marché. Les visiteurs d’EuroSatory 2016 ont d’ailleurs eu l’occasion de découvrir le pistolet Córdova d’Indumil (Industria Militar Colombiana).

C’est en tout cas la première fois qu’une firme étrangère d’armement parvient à s’implanter de la sorte au Brésil qui depuis les années 1960 protège jalousement la production locale. On pense notamment à Forjas Taurus SA que Caracal pourrait bien sûr concurrencer. Ces derniers temps, l’entreprise brésilienne a cependant dû faire face à de nombreuses difficultés. En dehors du rappel de quelque 100.000 pistolets acquis par la police de l’Etat de Sao Paulo et d’autres destinés aux Etats-Unis, Taurus a récemment été secouée par un scandale concernant la vente en 2013, jugée illégale, de 8000 armes de poing au marchand d’armes yéménite Fares Mohammed Mana’a : lorsque l’affaire a été révélée au grand public, en septembre dernier, la presse a un peu vite affirmé, sur la base des clients supposés de M. Mana’a, que les armes auraient terminé dans les mains de groupes terroristes et assimilés comme Al-Qaida ou encore les Somaliens d’Al-Shabbaab. On pourrait tout autant penser que ces armes ont en fait alimenté la guerre qui ravage le Yémen depuis quelques années. Déjà deux responsables brésiliens de la firme ont en tout cas été mis en examen et l’enquête se poursuit. Toujours est-il que cette affaire, ainsi que les autres problèmes signalés, ont bien sûr eu un effet dévastateur pour l’image de Taurus et d’après le site Defensa.com, la signature de l’accord avec Caracal International LLC pourrait y être liée.

 


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