Alors que le Haut-Commandement annonce la démission de plusieurs centaines de membres des Forces Armées, la presse locale évoque le malaise existant au sein de l’armée. Au-delà du strict cadre de l’institution,  ce malaise est intimement lié aux relations compliquées de celle-ci avec le pouvoir civil et la société argentine en général. Pour l’apprécier, il peut être intéressant d’effectuer un retour en arrière sur l’histoire de ce long désamour.

Le premier Péronisme

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Juan Domingo Perón

Sans remonter trop loin, on se souviendra que durant la première partie du XXème siècle, l’armée sert avant tout les intérêts du pouvoir en place, fermement tenu en main par l’oligarchie locale : toutefois, durant les années 1940, on assiste à un revirement et c’est l’armée elle-même qui conduit les premières grandes réformes sociales du XXème siècle argentin, à travers les expériences politiques menées par le général Edelmiro J. Farrell (1943-44) et surtout par le futur général Juan Domingo Perón (1945-51),

C’est à cette occasion que naît le Péronisme, qui reste aujourd’hui, malgré nombre de vicissitudes, de divisions et de mutations en tout sens, l’un des courants politiques et sociaux les plus importants du pays. Celui-ci, même si l’on se concentre sur sa première phase, reste difficile à définir en quelques mots. C’est avant tout un nationalisme, mâtiné de fascisme à l’italienne et de socialisme : le tout se construit autour du populisme et du pouvoir personnel autant que vertical de son leader et sur sur un embrigadement étroit des masses populaires. Or à mesure que le pouvoir péroniste se structure, la rupture avec les Forces armées se consomme, notamment du fait de la volonté du Péronisme de mettre l’institution en coupe réglée et par ailleurs des liens étroits existant entre la hiérarchie militaire et l’oligarchie civile.

L’armée chasse Perón

Dès 1951, les Forces Armées renversent Perón qui prend le chemin de l’exil. Lors des années et décennies suivantes, les Forces Armées sont purgées de l’essentiel de ses partisans : l’institution retrouve alors pleinement sa fonction de garant de l’ordre établi, en tout cas celui des puissants qui dominent l’Argentine. C’est notamment ce qui pousse l’institution à prendre directement les affaires du pays en main à partir de 1966, avec la dictature du général Onganía (1966-70).

La tâche se révèle ardue cependant, principalement du fait de la vivacité du Péronisme. A cela, il faut ajouter l’apparition d’une extrême-gauche, certes minoritaire mais très dynamique, en particulier chez les plus jeunes. Elle partage avec les partisans du général déchu certains objectifs concrets -comme celui d’abattre le régime militaire conservateur-, tout en ayant des relations plutôt distantes, voire conflictuelles avec celui-ci. Au début des années 1970, la poussée conjointe de ces oppositions est trop forte : dès 1973, après quelques gouvernements militaires éphémères, le général Perón revient au pouvoir par les urnes.

Le retour de Perón

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María Isabel Martínez de Perón

Comme on le sait, l’expérience, en apparence démocratique, ne dure pas. Rongé par les contradictions et les ambitions personnelles, le Péronisme se divise sur la marche à suivre alors que l’extrême-gauche rompt avec lui et gagne du terrain. Perón meurt de maladie en juillet 1974 : sa compagne et vice-présidente María Estela Martínez, plus connue sous le surnom d’Isabelita, hérite d’une situation chaotique à tout point de vue. Soumise à l’emprise du “sorcier”, le tristement célèbre José López de Rega, elle se révèle incapable de gouverner le pays et de trouver des solutions aux difficultés qu’il rencontre. La société se polarise entre les deux extrêmes, sur fond de violence politique croissante.

Humiliés par leur retour aux casernes de 1973, nombre d’officiers assistent non sans plaisir au spectacle calamiteux donné par l’expérience calamiteuse conduite par la veuve du Général. Les Forces armées en profitent en tout cas pour panser leurs blessures et se réorganiser. Dans le même temps, sous les coups et provocations de l’extrême-gauche, le fossé entre Forces Armées et société civile s’accentue. L’ambiance est à la guerre civile. C’est tout bénéfice pour l’aile la plus réactionnaire de l’armée dont le discours habile et radical séduit de plus en plus d’officiers et autres membres des Forces Armées. En public, voilà les durs qui soufflent le chaud et le froid sur l’avenir du gouvernement : petit à petit, au nom de la lutte anti-subversive, ils grignotent certains espaces de pouvoir et gagnent en autonomie par rapport au pouvoir civil, accaparant les tâches officielles ou non de répression. Au sein de l’armée, ils placent leur pions et éloignent les derniers récalcitrants.Et surtout, dans l’ombre, ils conspirent activement pour préparer le retour des militaires au pouvoir, en collusion avec d’éminents représentants de l’oligarchie de la grande entreprise privée, ainsi que certains puissants intérêts étrangers, Etats-Unis inclus.

Le coup d’état de 1976 et la “Réorganisation Nationale”

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La Junte de 1976

Comme on le sait, le coup d’état tant attendu a lieu le 24 mars 1976. Toutefois, il ne s’agit pas là d’un putsch militaire comme un autre. L’objectif de la Junte dominée par le général Jorge Videla et l’Amiral Emilio Massera est autrement plus ambitieux. Il s’agit ni plus ni moins que de mettre en place un régime militaro-civil durable, à même d’annihiler les forces considérées comme subversives (extrêmes-gauches, péronisme et gauche en général) pour construire une nouvelle Argentine, soit disant régénérée et purgée de tout ce qui l’empêchait de progresser ; le tout, au nom du nationalisme, du christianisme, de la tradition et des valeurs occidentales, avec pour politique économique, un programme libéral défini par les “Chicago Boys” locaux : l’un des représentants obtient même la direction des affaires économiques du processus de “reconstruction”.

Le reste est connu : durant les 7 ans qui suivent, le pays est le cadre d’une désastreuse tragédie et cela dans tous les domaines, humain, social, politique, économique et même militaire à travers la lamentable opération de récupération des Malouines… Des dizaines de milliers d’Argentins sont exterminés et le pays se retrouve au bord du gouffre.

Le retour des civils au pouvoir

En 1983, à court de solutions, les militaires quittent le pouvoir, sans en être vraiment chassés. En réalité, ils l’abandonnent piteusement, à charge pour la nouvelle démocratie de gérer tant bien que mal la catastrophe dont ils se sont rendus responsables. Sans surprise, les relations entre l’institution et les gouvernements qui se succèdent alors sont tendues. Dès 1984, un décret du président Raúl Alfonsín prive l’armée de nombre de ses prérogatives, notamment celle de décider des affectations ou du maintien ou non de ses membres dans l’institution, l’idée étant de soumettre l’armée au pouvoir civil et d’empêcher tout retour en force des durs. Dans le même temps, des procès pour sédition et atteintes graves aux Droits de l’Homme sont engagés. Toutefois, pour éviter de générer une levée de boucliers de l’institution, on prend soin de s’en tenir aux commandants des Juntes successives ayant gouverné le pays entre 1976 et 1983, à l’exception notable de ceux ayant participé au processus de retour aux casernes.

Or malgré cette approche prudente, les Forces Armées font vite bloc derrière leurs anciens chefs pour exiger la fin de toute poursuite : au-delà de l’esprit de corps propre à l’institution armée, il faut dire que durant tout le processus, les responsables de la répression ont pris soin d’y associer l’ensemble des membres de l’armée. Certes, certains ont joué des rôles plus importants que d’autres, mais peu sont restés en dehors. Rappelons par exemple que l’on a même rappelé les officiers en retraite pour qu’ils participent ou du moins assistent aux séances de torture… Dans cette optique, alors que l’on découvre peu à peu l’ampleur des crimes commis, l’idée de limiter les poursuites légales à la seule haute hiérarchie militaire paraît peu crédible et déjà, une partie de la société civile réclame une extension de celles-ci à l’ensemble des membres de l’institution. L’armée resserre donc les rangs et montre les dents.

Point final, obéissance obligatoire et visages camouflés

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Les soulèvements “carapintadas”

Le président Alfonsín le sait : pour fracturer le bloc militaire, il fait adopter en 1986-87 deux lois dite du “Point final” et d'”Obéissance obligatoire” qui dans les grandes lignes accordent une impunité de fait pour la plupart des crimes commis et excluent les membres subalternes de l’institution de toute poursuite. Réaliste, la démarche n’en est pas moins critiquée ardemment par d’importants secteurs de la société civile. Ce n’est cependant pas assez pour les durs de l’armée qui entre 1987 et 1990 lancent au moins quatre soulèvements militaires contre le pouvoir civil. Ces rébellions, connues sous le surnom de “carapintadas” -car les militaires les conduisant apparaissaient le visage noirci- imposent progressivement à Alfonsín comme à son successeur péroniste de droite Carlos Menem (1989-99) une levée des procès et même l’amnistie des officiers supérieurs déjà condamnés. On notera au passage que les civils impliqués dans le régime militaire ne sont en général pas impliqués.

Toujours est-il que cette apparente victoire ne fait bien sûr qu’accentuer la rupture entre l’Argentine et ses Forces Armées. La situation est difficilement tenable. Certains secteurs de la société, sous la conduite des associations de défense des victimes de la dictature, attaquent ces mesures d’impunité de toute part. On explore notamment la question des nouveaux-nés et très jeunes enfants enlevés aux victimes de la répression, cas exclu de pardon par les lois de 1986-90. Or, alors que certains en niaient l’existence ou en relativisaient l’importance, on se rend vite compte qu’il s’agissait bien d’une pratique systématique et organisée, les enfants étant distribués aux familles de militaires qui en faisaient la demande. Les enquêtes et procès à ce sujet se multiplient.

Petit à petit, le mythe d’une guerre sale qu’il fallait mener envers et contre tout contre la subversion s’effondre, laissant apparaître les pires aspects de la répression, notamment les plus crapuleux, comme l’extorsion généralisée pratiquée contre les victimes ou leurs familles, les cas d’enrichissement illicite, de corruption, de trafics, etc.A l’intérieur même de l’armée, certains craquent comme le capitaine de corvette Adolfo Scilingo qui en 1995 révèle en détails l’organisation des terribles “Vols de la mort”, organisés pour se débarrasser des victimes. La justice espagnole s’en mêle, sous la conduite du juge Baltazar Garzón qui enquête sur la répression, à travers la”disparition” de quantités de citoyens espagnols, ce qui donne à l’ensemble un écho international. Dans la pratique, les lois d’impunité se sont plus applicables dès la fin des années 1990.

Les années Kirchner

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Les principaux accusés de l’affaire La Perla, condamnés en 2016

Dans ce contexte, Néstor Kirchner, leader d’une tendance péroniste classée à gauche, accède à la présidence en 2003. Conformément à ses promesses, il abroge rapidement les lois d’impunité, ouvrant la porte à des multiples actions légales et condamnations qui se poursuivent encore aujourd’hui, comme par exemple à travers le jugement historique rendu en 2016 contre les responsables argentins et autres de l’Opération Condor.

Dans l’ensemble, les relations des Forces Armées et le péronisme kirchneriste sont exécrables, tant sous l’administration Kirchner (2003-2007) que sous celle de son épouse Cristina Fernández (2007-2015). Aux questions politiques et personnelles s’ajoutent les grandes difficultés économiques et financières auxquels le pays doit faire face, en grande partie héritée du règne de Carlos Menem. A ce titre, il est clair que les Forces Armées ne font pas partie des priorités des époux Kirchner qui, sans pour autant s’acharner sur elles comme on l’a dit parfois, laissent l’institution vivoter sur la base du minimum vital. Au mieux, les revendications sur les Malouines comblent-elles les attentes d’une partie de l’armée, mais pour le reste, la morosité s’installe, alimentée par les procès et les limitations budgétaires.

Une illustration de ce déclin moral et matériel est par exemple la mise en retraite en 2015 des fameux Mirage français qui, du fait leur participation efficace à la guerre des Malouines de 1982, constituaient l’un des rares faits d’armes récents que l’institution pouvait encore revendiquer. Les avions ne sont pas remplacés et aujourd’hui encore, l’Argentine peine à leur trouver des substituts et ainsi recomposer une Force Aérienne digne de ce nom.

Le gouvernement Macri : l’heure du renouveau ?

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Défilé du 10 juillet 2016

Fin 2015, comme on le sait, l’ère “kirchneriste” prend fin avec l’élection de l’homme d’affaires libéral Mauricio Macri, soit dit en passant fils d’un des entrepreneurs favorisé par la dictature de 1976-83. Présenté comme l’homme du renouveau, décidé à sortir l’Argentine de l’ornière, Macri a notamment annoncé sa volonté de rétablir des relations cordiales et positives avec les Forces Armées, en rupture avec ses prédécesseurs. A ce titre, au moment de prise de fonction, le président a ordonné la remise en place des portrait des leaders des juntes successives de la dictature dans la galerie honorant les présidents argentins du Palais présidentiel, lesquels avaient été enlevés sous l’ère Kirchner. A n’en pas douter, ce geste a constitué un signal curieux : nul doute que certains membres de l’armée, en service actif ou non, ont dû s’en réjouir mais pour la majorité de la société civile, la décision ne semblait pas constituer une urgente nécessité.

Fin mai, le président a profité du “jour de l’armée” pour abroger le décret de 1984 visant à étendre le contrôle civil sur le fonctionnement interne et administratif de l’institution. La décision a sans surprise provoqué un tollé chez certains secteurs de la société l’accusant de recréer les conditions de fonctionnement qui ont conduit à l’affranchissement de l’armée par rapport au pouvoir civil et indirectement, au coup d’état de 1976. Au vu des circonstances actuelles et notamment des difficultés que traverse le pays, ces critiques ont paru très exagérées : elles ont démontrées en tout cas, si besoin est, que le souvenir des horreurs du processus de Réorganisation est encore vivace et que le sujet de la place de l’armée dans la Nation et de ses relations avec la société est toujours aussi sensible.

Par la suite, en juillet dernier, le président a organisé un défilé militaire à Buenos Aires dans le cadre des célébrations du bicentenaire de l’indépendance. L’événement a marqué les esprits : en effet, il s’agissait d’une première puisque aucun défilé d’une telle ampleur n’avait eu lieu depuis des années et qu’il faut remonter à 2001 pour qu’un président y ait assisté. L’initiative a été globalement bien reçue, mais de nombreuses voix se sont tout de même élevées pour la critiquer. Cela a été suffisant pour que la veille du défilé, le président Macri, apparemment pris de doutes, tente de ne pas y assister, sous prétexte d’extrême fatigue, avant finalement de s’y résigner. Le succès populaire du défilé, qui s’explique en partie par la présence de fanfares militaires du monde entier, a toutefois démenti les craintes du président et de son entourage.

En août enfin, conforté dans sa démarche, Mauricio Macri a alors annoncé la mise en place d’une politique active de rénovation et modernisation des Forces Armées, lors du traditionnel “dîner de camaraderie” entre présidence de la République et Forces Armées : à cette occasion, il a ainsi déclaré que ces dernières seraient désormais pleinement associées à la nouvelle politique qu’il entend mener, notamment à travers des tâches d’assistance en cas de sinistres et catastrophes naturelles, mais surtout de sécurisation des quartiers difficiles ou encore de lutte contre le narcotrafic.

Les limites du renouveau annoncé

Quoiqu’il en soit, le gouvernement Macri entend donc faire sortir les Forces Armées argentines de leur torpeur. Toutefois, au-delà des effets d’annonce et des mesures symboliques, le plan précis de redressement de l’armée tarde à se faire connaître. D’abord, les missions que Mauricio Macri prétend donner à l’armée ne semblent pas à même de susciter un grand engouement : certes, la lutte contre le narcotrafic est souvent associée à des augmentations budgétaires et des achats de matériel qui peuvent a priori satisfaire les militaires. Cependant, comme le prouvent les nombreux précédents régionaux dans ce domaine, les résultats en sont souvent limités et contre-productifs et la tâche elle-même est perçue comme ingrate. On pourrait bien sûr en dire de même des patrouilles de sécurité et de la Défense civile…

Qui plus est, la situation économique et financière de l’Argentine, sur le long terme, risque de poser problème : comme le confirment les premiers mois de présidence Macri, l’heure est plus aux coupes budgétaires brutales et aux licenciements de serviteurs de l’Etat qu’aux grands investissements. En début d’année, l’accord trouvé avec les “Fonds vautours” américains a certes rendu au pays une certaine marge de manoeuvre à l’international : cependant, les conditions de remboursement imposées risquent fort de plomber le budget de l’Etat sur des décennies, comme l’admettent la plupart des experts, partisans de l’accord inclus. Les doutes concernant l’avenir de l’institution sont donc plus forts que jamais. C’est en tout cas ce que tendrait à démontrer un récent communiqué militaire faisant état des centaines de démissions qui touchent l’institution ces derniers temps : celles-ci concernent autant des techniciens recrutés par l’entreprise privée que des sous-officiers de l’armée, lesquels s’en vont travailler dans des entreprises de sécurité ou au sein de la Police de Buenos Aires, où les conditions de travail et salariales sont sans conteste préférables.

En bref, malgré les changements annoncés, les Forces Armées ne semblent pas près de sortir de l’impasse. En termes de réconciliation et de rapprochement des Forces Armées avec la société, sans même parler d’identification, beaucoup reste à faire : il est certain qu’à un moment ou un autre, l’armée devra montrer des signes de bonne volonté vis-à-vis des civils. Sans nécessairement tomber dans l’auto-flagellation, l’institution serait bienvenue d’admettre sa responsabilité dans le désastre du processus de Réorganisation Nationale ou du moins de ne pas continuer à le revendiquer. Attendre que le temps fasse son oeuvre et que la disparition des acteurs de l’époque  ne mettent fin aux poursuites légales n’est probablement pas une attitude à même de favoriser la réconciliation. Au passage, il est certain que cette reconnaissance officielle devra s’accompagner d’une relecture équivalente de l’action et des crimes commis par une partie de l’extrême-gauche ou des mouvements péronistes armés, lesquels, bien qu’en proportions moindres, ont aussi une part de responsabilité dans la tragédie des années 1970.

D’un point de vue strictement nécessaire, ce travail de réflexion historique et de remise en cause, avant même de penser à une collaboration avec le reste de la société à ce sujet, semble en tout cas une nécessité. Pour reconstruire l’institution sur des bases saines et prétendre à des missions hors des casernes, au contact de la population, il va falloir reconstruire le lien avec la société civile. C’est aussi une démarche inévitable dans l’optique d’une reconstitution du potentiel militaire et d’une réévaluation salariale au bénéfice de l’armée : alors que le pays semble traverser une crise permanente et qu’il est a priori loin d’en sortir, malgré les ambitions du nouveau président, il sera bien difficile d’imposer à la population des dépenses considérables favorisant une institution perçue par une partie non négligeable de la société comme une menace. Bien sûr, ces investissements en faveur de la Défense reposent aussi sur de nombreuses autres contraintes, peut-être plus concrètes : mais il est évident que le rapprochement des Forces Armées avec la Nation qu’elle sont sensées défendre constitue un préalable certes symbolique, mais pourtant fondamental. En attendant, le malaise des Forces Armées argentines ne pourra que s’approfondir.

 


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