Comme on le sait, le Nicaragua est en 2007 repassé sous le contrôle de l’ex-guérilla du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) et de son leader historique Daniel Ortega, à travers une déclinaison du Sandinisme n’ayant pas grand chose à voir avec l’idéal du révolutionnaire des années 1930 et qui ne partage avec le gouvernement révolutionnaire marxiste de 1979-90, déjà dirigé par Ortega et le FSLN, que les aspects les plus autoritaires.

Le contrôle exercé par le président Ortega, son entourage immédiat et ses partisans, qui se revendiquent maintenant du christianisme, n’a cessé de se renforcer au point de susciter nombre d’inquiétudes concernant l’avenir de la démocratie dans le pays, aussi imparfaite qu’elle ait pu être depuis un quart de siècle.

Un coup de maître

Or à l’approche des élections générales de novembre 2016, Ortega et les siens viennent de réaliser un coup de maître en prenant le contrôle du seul parti d’opposition, le Parti Libéral Indépendant (PLI) qui pourtant ne représentait pas un grand danger. Suite à la mort en 2011 de Rollin Tobie, dirigeant historique du PLI, le parti s’était divisé en diverses factions : or le Conseil Electoral, dominé par le FSLN, vient de retirer la propriété à Eduardo Montealegre, leader d’une faction opposée au régime Ortega pour l’attribuer à un autre, Pedro E. Reyes, au contraire partisan d’un rapprochement avec le FSLN… Cette décision n’a pas manqué de générer une fronde au sein du parti, notamment chez les députés. Toutefois, les sièges appartenant à la formation politique et non aux élus, ces derniers ont tout simplement été destitués et remplacés par des suppléants proches de la ligne Reyes.

Un pacte de gouvernement avec le secteur privé

Ortega vient donc de prendre le contrôle presque total de l’Assemblée, déjà largement dominée par le FSLN. La manoeuvre devrait être complétée d’ici peu par un pacte de gouvernement avec la Confédération des Entrepreneurs Privés locale, déjà en cours de négociation. Le tout devrait donc permettre en novembre prochain une réélection confortable de Daniel Ortega à la présidence, la vice-présidence revenant a priori à son épouse, la très exubérante Rosario Murillo, poétesse et ex-figure de la Révolution elle aussi.

A lire, une analyse intéressante de Sergio Ramírez, ancien membre du FSLN ayant depuis longtemps rompu avec Ortega et depuis commentateur respecté de la politique locale.

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