Depuis le 1er août, le Mercosur n’a pas de président. En effet, le Paraguay, suivi par le Brésil et l’Argentine contestent le transfert de la présidence au Venezuela, auquel celle-ci reviendrait a priori, du fait des régulières accusations de persécution de l’opposition portées contre le gouvernement de Nicolas Maduro. L’argumentation se fonde par ailleurs sur la non-ratification de divers traités par le Venezuela, notamment concernant le respect des Droits de l’Homme, alors même que le pays a intégré le Mercosur en 2012.

Le fruit du retour en force de la droite sur le Continent

Bien sûr, on pourrait débattre longtemps de la situation interne du Venezuela et des relations extrêmement tendues entre gouvernement et opposition. Il est en tout cas évident que ce conflit repose avant tout sur les récentes évolutions politiques d’une partie des membres du Mercosur. Depuis 2013, Horacio Cartes dirige le Paraguay sur une ligne clairement marquée à droite et sa position vis-à-vis du Venezuela maduriste n’est pas une surprise. Mais il est certain qu’elle n’a acquis du poids que grâce à l’élection de Mauricio Macri en Argentine et de la transmission du pouvoir à Michel Temer au Brésil -à titre temporaire pour l’instant-, les deux défendant maintenant des positions de droite libérales plus conformes aux attentes américaines.

Toutefois, on ne commettra pas l’outrance de comparer la crise actuelle au sinistre Plan Condor, comparaison malheureuse que n’a pas manqué de faire la ministre des Affaires Etrangères du Venezuela.

Règlements de compte et intentions cachées

Pour aller plus loin qu’une simple lecture droite-gauche, toujours risquée en Amérique latine, il faut par ailleurs prendre en compte les éléments suivants, apportés par l’analyse d’un ami spécialiste de la question. Ainsi, il convient de rappeler que le Paraguay, qui a pris la tête de l’opposition au Venezuela, a bien sûr en tête le camouflet de 2012, quand sa suspension temporaire avait permis l’entrée du Venezuela. Il semblerait donc qu’Asunción croit tenir sa revanche et l’occasion de faire oublier ses propres turpitudes en matière de Droits de l’Homme.

La position du Brésil se veut relativement quant à elle conciliante en grande partie parce qu¡a la chancellerie , on brigue un poste international et la diplomatie brésilienne veut faire la preuve de ses capacités de négociatrice. Enfin l’empressement bienveillant avec lequel l’Uruguay a passé le relais de la présidence au Venezuela n’est pas seulement idéologique : Montevideo est le premier fournisseur de produits agro-alimentaires de Caracas, qui paye en barils à un prix que les Uruguayens auraient bien du mal à retrouver sur les marchés.

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