Publié le 23 mai 2016

C’est un contrat qui fait jaser, en tout cas à l’étranger. Managua est sur le point de recevoir un premier lot de tanks russes T-72B1, sur 50 prévus, dans le cadre d’un contrat de rénovation et modernisation des Forces Armées incluant par ailleurs d’autres types d’armement, déjà fournis ou à venir parmi lesquels des systèmes de défense antiaérienne ZU-23-2, quelques blindés GAZ 2330 Tigr ou encore 2 hélicoptères MI17-V5.

Des questions

La première question qui se pose est bien sûr celle du financement, vu l’état de l’économie locale, mais les voisins du Nicaragua s’inquiète surtout de l’usage qui sera fait de ce matériel. Si une partie de celui-ci pourra en effet servir à la lutte antinarcos, comme annoncé par un élu sandiniste, l’explication fournie n’a certainement pas satisfait le Honduras et le Costa Rica, en litige frontalier avec Managua, en tout cas en ce qui concerne les tanks…

Les Russes et le marché latino-américain

Il faut peut-être tout simplement chercher du côté de la volonté démontrée par les Russes depuis quelques années d’affirmer leur présence dans une région très largement dominée par les Américains. Après tout, avec les difficultés rencontrées par le Brésil et l’effondrement annoncé du Venezuela maduriste, le Nicaragua s’annonce pour l’avenir comme l’un des rares états latino-américains ouverts à leurs ambitions. Certes, le président Daniel Ortega, converti au libéralisme et à l’évangélisme, a depuis longtemps rompu avec le Sandinisme d’avant, tout en conservant ses manières autoritaires soit dit en passant. Mais le fait est que les bonnes relations du temps de l’URSS perdurent, d’autant plus que la Russie elle aussi a changé. En 2013, la création d’un Centre de formation baptisé “Maréchal Joukov”, au sein de la brigade d’infanterie mécanisée “General Sandino” avait rappelé les liens forts entre les deux Etats.

L’inquiétude américaine

Toujours est-il que ce pied de nez de la Russie, même si cela représente un marché négligeable, inquiète fortement les Etats-Unis, lesquels doivent par ailleurs faire face aux incursions commerciales chinoises dans la région en termes de Défense. Dans un style fleurant bon la Guerre Froide, l’ambassadrice américaine au Nicaragua vient d’ailleurs de faire publiquement part de ses inquiétudes, exigeant du gouvernement local des explications… Rien d’extraordinaire à cela : il est courant en Amérique latine que les “vice-rois” comme on les surnommait, ou tout simplement les “ambassadeurs” comme on dit généralement sans nécessité d’en spécifier le pays, opinent sur la politique intérieure, sermonnent, convoquent les dirigeants locaux ou encore donnent des consignes de vote…

Des détails sur Infodefensa.

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