Publié le 2 mai 2016

Rapport final et fin de mission dans l’amertume pour le Groupe Interdisciplinaire d’Experts Indépendants (GIEI) chargé d’enquêter sur la disparition des 43 normaliens ruraux dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014 à Iguala (Guerrero).

Le Groupe d’experts indépendants

Pour mémoire, le GIEI est né en novembre 2014 suite à un accord entre le gouvernement mexicain, la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) et les parents des victimes : ces derniers, légitimement inquiets de l’inaction de l’Etat mexicain face à la disparition de leurs proches, avaient obtenu la venue sur place de l’équipe d’experts, notamment des légistes, reconnus pour leurs travaux antérieurs ailleurs en Amérique latine et touchant des sujets sensibles telles que les disparitions et autres massacres.

Une collaboration tendue avec les autorités

Cependant, sans surprise, la collaboration qui devait se mettre en place entre le GIEI et les enquêteurs mexicains a vite tourné au conflit. Un premier rapport du GIEI, remis en septembre 2015, a scellé la rupture, démolissant point par point la version officielle. Le rapport final, remis il y a quelques jours, confirme les conclusions du premier, tout en insistant à nouveau sur les pistes qui mériteraient d’être étudiées, notamment celles de l’intervention controversée du régiment local de l’armée lors de ce qui est maintenant connu comme la “Nuit d’Iguala”. Mais surtout, le rapport fait état d’une liste interminable d’entraves difficilement justifiables, posées par les autorités locales et surtout nationales lors de l’enquête du groupe.

Les rapports

On trouvera sur ce lien les deux rapports du GIEI, les recommandations de ce dernier et quelques documents liés à l’affaire. Au-delà, maintenant que le GIEI s’en va -le gouvernement n’ayant pas souhaité prolonger sa mission ni réellement prendre acte de ses conclusions-, il est désormais probable que l’enquête concernant le massacre d’Iguala tombe dans l’oubli, en tout cas pour ce qui est du gouvernement : les autorités estiment en effet que l’arrestation d’un petit nombre de délinquants d’Iguala et des alentours, dans les semaines suivant le massacre, a suffi à clore le dossier.

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