Publié le 2 mai 2016

fondos buitres

Un accord a été trouvé fin février, entre temps confirmé, entre le gouvernement argentin et les fameux “fonds vautour”. Sans partager les frissons que semblent ressentir l’auteure de l’article, le fait est que les fonds vautour et avant tout Elliott Management ont en effet raflé la mise.

Les vautours

Le coup a été imparable : en 2001, des “hedge funds” américains rachètent au rabais une partie de la dette de l’Argentine, plongée dans la crise, notamment du fait de la gestion catastrophique de Carlos Menem. Dès lors, les fonds exigent un remboursement au prix fort et bloquent toute renégociation de la globalité de la dette. Les gouvernements se suivent, se cassant les dents sur cette question qui leur fait perdre toute marge de manoeuvre.

Le conflit de l’ère Kirchner

En 2003, les Kirchner arrivent au pouvoir, appuyés sur une solide base populaire : ils ne sont pas aussi révolutionnaires qu’on a voulu le croire, sentent le souffre sur pas mal de sujets, notamment la corruption et le clientélisme, mais quoiqu’on en pense, ramènent un peu d’ordre au milieu du chaos, stabilise le pays, obtiennent même quelques résultats. A Washington, on s’inquiète car on n’aime pas ce genre de gouvernements non-alignés qui a ce moment-là ont le vent en poupe un peu partout ailleurs en Amérique latine. Un accord est pourtant trouvé avec l’essentiel des créanciers, instances internationales, Etats et autres acteurs privés, mais bien sûr les Hedge Funds (qui représentent environ 5% de la dette à négocier et sont par ailleurs de généreux contributeurs du monde politique US) s’y opposent. Le conflit va devant la justice, américaine bien sûr, qui donne raison aux hedge funds. L’Argentine se retrouve en défaut de paiement à partir de 2014. Plus d’investissements, une dette qui pourrit tout, la fermeture des marchés internationaux, le pays s’enfonce, patauge et se débat dans la crise.

La “solution” Macri

De ce fait, autant que de ses propres turpitudes, le Kirchnerisme s’effrite. Mauricio Macri, libéral très apprécié à Washington, arrive finalement au pouvoir en décembre dernier. Sans surprise, il fait savoir qu’il est prêt à lâcher sur la question des hedge funds. Le président Obama fait alors officiellement passer à la justice américaine l’ordre de lever le blocus. Un accord est tout de suite trouvé, qui consacre la victoire des hedge funds et au-delà, des Etats-Unis. Le président Macri clame victoire lui aussi. Pourtant, même les experts les plus libéraux lui rétorquent que le pays n’en a pas fini de payer et que le “retour sur les marchés” et le “retour de la confiance” tant attendus n’amèneront pas les merveilles promises. En fait, le pays est à genoux. Reste maintenant à attendre la suite, non seulement en Argentine, mais aussi pour les autres Etats d’Amérique latine ou d’ailleurs qui risquent de tomber sous les mêmes coups…

Plus de détails sur Les Echos.

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