Publié le 18 juillet 2016

El Salvador 1982-Alain Keler

La Cour Constitutionnelle abroge la moi d’amnistie de 1993, qui faisait partie des Accords ayant mis fin d’une longue et cruelle civile de plus de deux décennies.

Un coup d’état “soft” ?

Si cette décision ne fait pas le bonheur des militaires et civils qui exerçaient le pourvoir à l’époque -et ont multiplié les massacres et autres abus en tout genre-, elle pourrait aussi permettre la tenue de procès contre la guérilla actuellement au pouvoir (FMLN). Ces derniers, après avoir longtemps demandé l’abrogation de cette loi pour pouvoir poursuivre les responsables de crimes de guerres et crimes contre l’Humanité de l’armée ou de la droite civile, semblent maintenant faire machine arrière : ils parlent de “coup d’état” soft, organisé par l’oligarchie locale, les militaires en retraite et derrière, bien évidemment, les Etats-Unis qui font la promotion de ce genre de procès, soit dit en passant en contredisant totalement le soutien sans faille qu’ils avaient apporté aux différents régimes autoritaires salvadoriens de l’époque.

L’affaire Roque Dalton

L’interprétation n’est pas sans argument : en effet, le premier crime de cet ordre qui vient à l’esprit est l’assassinat en 1975 du poète et guérillero Roque Dalton, accusé à tort par ses camarades d’être un agent de la CIA. Or, l’actuel président Salvador Sánchez Ceren, ainsi que d’autres dirigeants en vue du FMLN pourraient en être jugés responsable, ce qui pourrait bien sûr fortement nuire au maintien au pouvoir de l’ex-guérilla.

Quoiqu’on en dise cependant, même si les crimes attribués à la guérilla sont de très loin sans commune mesure avec ceux de l’armée ou de la droite civile, le fait est qu’ils restent pour l’heure tout aussi impunis… La question est donc complexe !

Plus de détails sur El Faro.

Source Photo (Alain Keler)

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