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Capitaine Byron Lima Oliva

Assassinat, lors d’une mutinerie en prison, du capitaine Byron Lima Oliva, détenu depuis 2001. Le parcours sinistre du personnage et son influence dans le pays méritent qu’on s’y arrête.

L’assassin du cardinal Juan Gerardi

Né en 1969, Lima fait ses premières armes pendant la guerre civile, sus la conduite de son père, colonel bien en vu, responsable de premier plan de la répression contre les populations indigènes. Mais c’est en 1998, deux ans après la signature des Accords de Paix, qu’il se fait connaître du grand public à l’occasion de l’assassinat du cardinal Juan Gerardi, lequel, justement très impliqué dans la défense des populations indigènes, venait de publier un rapport détaillé recensant des milliers de crimes commis par l’armée. Lima jouissant de protections évidentes, très haut placées au sein de l’institution militaire comme du pouvoir civil, l’enquête tarde, est cent fois entravée, mais le scandale causé par la mort du religieux, qui plus est dans des circonstances atroces,conduit tout de même Lima en prison en 2001.

L’intermédiaire

Derrière les barreaux, voilà rapidement Lima qui prend le contrôle de la prison, puis bientôt d’autres centres de détention, en montant une discrète mais très influente organisation criminelle, agissant dans l’ensemble du pays, dans les prisons comme à l’extérieur. Mais surtout, du fait de ses contacts privilégiés, le capitaine s’impose dès lors comme l’intermédiaire obligatoire, le lien, entre les différentes mafias, notamment celles du narcotrafic ou de la contrebande, et les réseaux criminels et corrompus qui pullulent au sein de l’oligarchie guatémaltèque, autant chez les entrepreneurs que chez les politiques dont il finance les campagnes.

Le “prisonnier le plus puissant du pays”

Pendant plus d’une décennie, il est alors connu comme le “prisonnier le plus puissant du pays”, en tout cas le plus influent et le plus craint. Il agit à sa guise, sort quand il le souhaite et reçoit qui il veut, et donne même des conférences de presse lors desquelles il ridiculise la justice, lance des menaces à tout va, le tout au milieu de diatribes anticommunistes. Et dans l’ombre, il continue à faire prospérer sa fortune, trafique et magouille à l’envi ; le tout en éliminant ses adversaires et rivaux, en organisant la persécution et parfois même l’assassinat de tous ceux -juges, journalistes, politiciens et autres- qui osent contester son pouvoir ou gênent ses protecteurs…

Une affaire à suivre

Certains des protecteurs de Lima ont-ils pensé que les multiples secrets qu’il gardait précieusement, lui qui n’a jamais collaboré avec la justice, ne seraient que mieux gardés avec sa mort ? S’agit-il de l’action d’un groupe rival inconnu pour s’emparer de son empire ? Était-il en train de perdre la main ? On n’en sait pas plus pour l’instant. Toujours est-il que de l’avis général, vu les protections dont il disposait, notamment au coeur de la prison, sa mort brutale n’aurait pu arriver sans des soutiens influents ne l’autorisent, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Nul doute en tout cas que celle-ci constitue un événement important.

Plus de détails dans l’article de la BBC

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